Années 60 : du « figuratif stylisé » au « baroque abstrait »
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Petit à petit, au cours des années 50, les scènes de l’imagerie religieuse se sont teintées d’un style particulier à Darnas, interprétation en 3 dimensions du principe de translation-rotation cher à Albert Gleizes : dans un tableau à deux dimensions, les lignes et les courbes doivent entraîner l’œil du spectateur tout autour du tableau, pour le faire revenir sans cesse au « point-clé » de l’œuvre.
Le sculpteur doit tenir compte de la troisième dimension dans ses sculptures « en ronde-bosse », et faire tourner le spectateur autour de l’objet.



A la fin des années 50, lors d’un voyage à Paris, il rend visite, à l’impromptu, un soir d’orage, au sculpteur Ossip Zadkine, et lui montre quelques photos. La critique est vive, mais les deux hommes s’apprécient et vont se rencontrer régulièrement, une fois par an.



La rencontre est décisive : tout en conservant les principes acquis à l’école de Beaux-Arts, puis au contact des amis du Minotaure, tout en continuant son activité d’imagerie religieuse et de décoration d’églises,
Darnas va créer des œuvres très personnelles en ciment modelé sur une armature en métal. Il veut ainsi se libérer des contraintes liées aux matériaux qu’il a déjà sculptés, et obtenir des objets quelquefois plus fragiles, mais surtout plus complexes, plus élancés, impossibles à réaliser dans les matériaux traditionnels.

Année après année, les structures baroques et complexes s’organisent, se simplifient. On retrouve les lignes et les courbes qui entraînent l’œil à tourner autour de la sculpture.
Le matériau noir s’éclaircit ou disparaît dans le « Grillage »,
Le point culminant de cette époque et le mémorial du Génocide Arménien de Décines, commencé en 1967, et terminé en 1972.

Il est aussi l’un des premiers sculpteurs à participer au projet de « 1% » initié par André Malraux, pour introduire des œuvres décoratives dans les écoles et les bâtiments publics.

Jeux d’enfants, dans la cour de l’école Albert CAMUS, rue du Télégraphe à Lyon, est le premier projet confié à Robert Darnas en 1961. Il sera suivi de « l’éducateur » et de la mosaïque « hommage à Albert Gleizes » du groupe scolaire Berlioz (entre L’horloge de Tassin-la-demi-lune et Lyon-St-Just),


C’est également la décennie des grandes expositions :
Galerie Paul Cézanne à Paris,
Salon des Indépendants à Paris
puis à Florence, Berlin, Francfort, Rome…