Robert Darnas, sculpteur

BIOGRAPHIE

En naissant à Lyon le 2 mai 1913,
Robert Darnas était-il prédestiné à devenir sculpteur ?

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Car de glorieux prédécesseurs illustrèrent la ville aux siècles précédents :
le grand Coysevox, puis les Coustou, Chinard. Et, contemporain de Darnas, Etienne-Martin.
Darnas pourtant entame sa vie par d’autres arts.
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Adolescent, il réalise des adaptations musicales pour les films muets projetés au Cinéma Darnas
(seconde salle à s’être installée à Lyon). Son père l’avait fondée alors que le septième art restait le plus souvent une attraction foraine.
Avec le développement du cinéma parlant, le jeune home vient travailler en cabine, où son père ne peut veiller à tout. Il rembobine, surveille les lampes à arc… Salle obscure…
Mais déjà, il en fréquente d’autres lorsque tombe la nuit : celles des cours du soir à l’Ecole d’Arts :  le Petit Collège.
Et son argent de poche, il le gagne en modelant des figurines à ses heures libres.
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Passé le service militaire, nous sommes en 1935 (Hitler a pris le pouvoir en Allemagne)
Darnas mène tambour battant sa campagne aux Beaux-arts de Lyon.
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Vu son âge (il a des camarades de quinze ou dix-huit ans) on l’autorise à passer un examen de fin d’année tous les trois mois.
Il gagne ainsi quatre ans, mais brûler les étapes ne l’empêche pas de remporter presque tous les prix en sortant de cinquième année ! Et d’exposer à la société des Beaux-arts dès ses débuts à l’Ecole.
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Ses prix en poche, il commence immédiatement à enseigner au Prado dessin et modelage.
Marqué par le talent du peintre Laplace, il parfait son métier de sculpteur avec Félix Dumas qui fut élève de Rodin.
A vivre de son art, il sera le seul de sa promotion.
« Je me souviens… trois arbres devant mon blockhaus qui se détachent en noir sur un fond gris et blanc. La neige était blanche, le ciel était gris, les arbres étaient noirs.
Il y a avait un tragique extraordinaire dans ce paysage… »
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Hiver 39-40, sur le front face à l’armée allemande, Darnas ressent l’irrésistible envie de peindre l’instant.
Sait-il que Léger, poilu à Verdun avait fait de même
« Durant une accalmie, j’ai sucé mon pinceau. Impossible avec ce froid de le tremper dans l’eau, l’aquarelle n’était qu’un glaçon ».
Ce n’est que plus tard qu’il comprendra : « ces trois arbres ressemblaient à trois mains voulant griffer le ciel. J’étais croyant et je ne pouvais comprendre que la guerre existe… »
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Au retour, ce fut pire encore : Anne-Marie, sa femme qu’il avait connue aux Beaux-arts, meurt.
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Sculpté alors, le « Vouloir » exprime toute la révolte d’un homme, contre la mort, contre la défaite. Tout ceci figé dans la pierre.
Le style, lui aussi, très influencé par Bourdelle, reste pris par le passé.
Passé le temps renaît l’espoir. Le sculpteur épouse Magdeleine Martin en 1942.
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Et le bel « Oiseau blessé » (au Musée des Beaux-arts de Lyon) semble s’arracher vers le ciel.

Se détachant des influences antérieures, « l’Oiseau » se fait totalement abstrait, proche de Moore.
Il se détache aussi des dures heures de l’occupation allemande : au même moment, Darnas expose en plein  Lyon son « Projet de Monument pour la Libération ».
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Jusqu’à ce qu’il découvre le cubisme de Gleizes, avec une grande exposition en 1948 à Lyon, le sculpteur n’aborde l’abstraction que par tentatives.
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Après une parenthèse où il mène un petit atelier de céramique y créant les modèles, Gleizes sera cette révélation :
« La promenade de l’œil », rotation, translation autour de l’objet.
Les formes expriment un langage, point n’est besoin de figuration.
Désormais, à part les œuvres religieuses, l’art de Darnas sera abstrait.
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En cet après-guerre, Gleizes marque également le groupe « Minotaure » auquel Darnas adhère avec d’autres peintres et verriers lyonnais exposant
au salon Regain, tels Niogret, Burlet ou Chevalier.
Et l’impact du maître cubiste réapparaîtra dans d’attachants dessins à techniques mixtes où Darnas à la fin de sa vie, réinterprète ou prépare ses sculptures.
Par un travail en facettes et le glissement des couleurs, leur graphisme gagne une troisième dimension très affirmée ; le regard peut longuement voyager autour, comme dans les volumes.Après Bourdelle et Rodin puis Gleizes, il est deux grands sculpteurs  dont on peut rapprocher le nôtre, parmi ses contemporains.
Le Giacometti des années 30 : tous deux ont créé des petites pièces très massives, où la compacité n’est qu’à peine modulée par de rares découpes et entailles.
D’autre part,  Zadkine que Darnas rencontre à plusieurs reprises vers 1955 et qu’il évoquera par son « Monument aux Arméniens ».
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Surtout, le maître russe l’encourage à persévérer dans son art à une époque où il peine terriblement à faire vivre sa famille car aux trois enfants, se sont joints des triplés en 1949.
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Pourtant 1949 s’accompagne de la première exposition personnelle importante à Lyon et les années 50 voient un certain nombre de commandes, principalement dans la statuaire religieuse, comme « la Cène » à Barcelone (1958), très expressive par la variété d’attitudes des apôtres, ou « La Vierge de Marseille en 1952.
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Même si la « Main Bénissante » (1956) s’affirme puissante, elle fait songer au « Modulor » que Le Corbusier moule alors dans le béton.
C’est par ses ciments noirs de la décennie suivante que Darnas innove et se fait véritablement original :
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En 1962, la « Cathédrale Engloutie », « l’Evolution », « l’Ombre », « l’Acte ancestral », « Le Monument à la Mémoire du Génocide Arménien » pour la ville de Décines, voisine de Lyon.
Monument ? D’autres évènements marquent cette période :
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la reconnaissance officielle, s’exprimant également par des expositions importantes à Paris, Berlin, Francfort, Rome, ainsi que par la poursuite des commandes religieuses telle que la « Vierge d’Anjou » d’une superbe pureté (1964).




De la décennie 70, les ciments colorés montrent aussi une forte originalité : L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 20.jpg.« la Lumière », « Le Chromatisme » : projet pour un monument au confluent entre Rhône et Saône à Lyon.




En cette œuvre plus qu’aucune autre, se lisent les recherches menées à l’époque par Darnas, sur l’équivalence qu’il mesure entre proportion sculpturales ou architecturales, longueurs d’ondes musicales (dodécaphonisme de Schoenberg) longueurs d’ondes chromatiques, (décomposition de la lumière en spectre coloré).




Recherches qu’il approfondit au cours de ses voyages en Egypte, en Grèce, en Italie, L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 21.jpg..
ainsi que les grands édifices romans et gothiques en France
Sur ce plan de l’architecture égyptienne, il réalisera d’ailleurs plusieurs conférences et diaporamas.
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En 1972, professeur depuis des années à la Société d’Enseignement Professionnel du Rhône, un premier infarctus le frappe, le limitant à des sculptures plus petites.






Ces pièces lui permettent une synthèse de ses styles antérieurs.
C’est la plénitude d’une carrière qui s’exprime avec « Stalagmites et Stalactites » (1977) dans un marbre bleu turquin, ou la « Caravelle » de pierre également, ainsi que « l’Oratoire » (1976).
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Synthèse aussi d’une existence que le livre publié en 1978 par Brice Elly : « Entretiens avec Robert Darnas ».
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Quelques plus grandes œuvres naissent encore :



la « Fusée » du Lycée Claude Lebois à St Chamond, la « Chevauchée » en cuivre rouge qui fut visible longtemps dans le quartier de la Part-dieu à Lyon.
 


Placé sous le signe du beau et de la foi chrétienne, L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 25.jpg.le destin de Robert Darnas s’achève la nuit de Pâques 1980,
alors qu’il travaillait encore à son « St Martin » pour l’Abbaye du Canigou.


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Le sculpteur, passionné par son travail, refusa sa vie durant toute concession avec commanditaires et politiques.