La vie de Robert Darnas 5

Années 70 : grands monuments, ciments polychromes, dessins sculpturaux

… revenir aux années 60..

Quatre projets importants sont à mener de front au début des années 70 : le Mémorial du Génocide Arménien de Décines(10 mètres), la Fusée du Lycée Claude Lebois à Saint-Chamond (6 mètres), L’archange Gabriel à Fourvière (2 mètres 80), et Les Palmes à Albigny-sur-Saône (4 mètres). Tout cela sans aucune aide, autre que celle de son épouse Magdeleine.

Et pourtant, Darnas trouve le temps de concevoir deux nouvelles séries de créations originales :

……….. Les ciments polychromes : depuis près de 20 ans, il avait essayé d’utiliser le ciment coloré, avec un « Saint Dominique » qui attendait l’œuvre du temps dans le jardin de l’artiste… Les couleurs du ciment teinté dans la masse ont bien surmonté l’épreuve, et Darnas est prêt pour sa prochaine étape.

Le Saint Dominique en ciment, teint dans la masse.
Volumes composés, à Crépieux-la-Pape

……… D’autre part, les haut-reliefs et sculptures en bois abstraits : cette matière qui a marqué ses premières années lors de son apprentissage chez l’ébéniste Caruel et Dupuis, il ne l’abandonne pas, bien au contraire.

Voyage à deux
Coucher de soleil
Porte du soleil

1972 : trop de travail, trop d’efforts violents à tailler la pierre ? Un premier infarctus du myocarde vient le frapper sévèrement. Après quelques mois de repos, il poursuit sa route : certes, il n’a plus la puissance physique d’antan, les grands chantiers sont terminés, mais il y a encore beaucoup de choses à faire !

Car il y a encore deux matériaux à travailler. Il les avait déjà utilisés auparavant, mais n’était pas allé au bout de leurs possibilités :

…….. Le cuivre martelé : il profite du symposium de sculpture lyonnais, organisé en 1978 à l’initiative de René Déroudille, pour montrer une « Chevalerie » baroque et presque abstraite : La Chevauchée.

La chevauchée, œuvre légère et volontairement éphémère, est longtemps restée sur le parvis de la Part-Dieu

…….. Les marbres et pierres colorées, semi-précieuses : de petite taille, ces pierres qu’il va rechercher dans les carrières spécialisées des Pyrénées (marbre de Bellioc, Onyx de Baixas…) ou à Couzon, Onyx du Maroc, Pierre de Lens, lave fondue et cristallisée, émaillée à la soudure à l’arc…. il va les travailler avec de petits ciseaux, à la meuleuse, à la polisseuse, pour créer des objets doux au toucher, séduisants à l’œil.

Eventail, pierre de Pouillenay
Tête d’esturgeon
La chouette, marbre
Lave émaillée
La main, dernière œuvre achevée

Il profite des moments de repos pour réfléchir, peindre à l’aérographe des projets de sculpture, et travaille jusqu’au dernier jour sur le Saint Martin en Okoumé pour l’abbaye de Saint-Martin-du-Canigou.

Dessins sculpturaux
Saint Martin du Canigou

Le 5 Avril 1980, c’est un nouvel infarctus qui l’emporte. Quelques semaines auparavant, il avait rédigé, à la demande de ses enfants, un catalogue de ses créations : près de 1600 sculptures, sans compter les dessins, maquettes oubliées, textes de conférences. Tous ces documents nous ont aidés à la création de ce site.

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